Le Black Métal

En musique, le black metal est issu du heavy metal. Le black metal est constitué traditionnellement de jeux de guitare très rapides mais simple avec beaucoup de distorsion accompagnés de percussions rapides et de voix inhumaines et criardes, à la limite de la cassure.

Il existe aussi une branche du style représentée par le Black Métal Symphonique. Le style fait usage d'un décorum impressionnant et de larges symphonies, tout aussi noires que majestueuses. Cependant, le groupe du Black Metal Symphonique accuse de nos jours d'être très (trop ?) commercialisé et de faire usage du satanisme et du gothisme à des fins purement commerciales, au contraire du "True Norwegian Black Metal" qui lui, croyait profondément aux convictions qu'il représentait, quoique aujourd'hui on suspecte, là encore, certains de ces groupes de trouver prétexte à une faible technique instrumentale.

Le terme black metal est apparu en 1982, grâce à l'album de Venom « Black Metal ». Mais l'essor de ce style de musique se fera quelques années plus tard. Dès les prémisses du genre, le black metal a voulu s'écarter de la mouvance trash metal jugée trop commerciale et trop pervertie. Legion, ex-chanteur du groupe Marduk, estime que la naissance du black metal est due à une réaction du public face au ralentissement de brutalité dont faisait preuve le death metal. Les scènes black et death metal sont devenues, à une période, très antagonistes.

Les premiers groupes, comme Celtic Frost, Mercyful Fate, Bathory, Venom, Mayhem, Burzum, souvent orginaires de Scandinavie, sont considérés comme les premiers couteaux du black metal. La maturité du mouvement peut être perçue dans les enregistrements de Bathory vers la fin des années 1980 et le début des années 1990. Pour Michael Moynihan, auteur d'un livre sur le black metal, le genre prend ses racines dans des groupes comme les Rolling Stones, Black Sabbath et Led Zeppelin, mais encore Black Widow, Coven ou AC/DC, le metal en général descendant du hard rock, qui est un dérivé lui-même du rock, ect...

Au début des années 1990, s'est produite toute une série d'évènements très médiatisés en scandinavie, qui ont fait la "mauvaise" réputation du black metal, même si, selon certains, cette polémique était recherchée. Le black metal, à son commencement tout-au-moins, tire en effet ses références d'Anton LaVey, fondateur de l'Église de Satan aux États-Unis. Mais selon les acteurs les plus anciens de la scène, le satanisme n'était qu'un prétexte, et beaucoup se tournèrent par la suite vers la religion Ásatrú. Pour les médias, le black metal allait souvent rester comme un mouvement sataniste.

Les Norvégiens Øysten Aarseth (leader de Mayhem) et Varg Vikernes (Burzum) sont considérés comme les pères fondateurs de la scène black metal moderne. Aarseth fut le premier à faire parler de lui avec son groupe Mayhem, et en ouvrant à Oslo en mai 1991 le magasin de disques "Helvete" qui rassembla le "Black Circle", la deuxième et la plus controversée des vagues du black metal. Lors du suicide de Dead, le chanteur de Mayhem, Øysten ne démentit pas les rumeurs selon lesquelles il pourrait être le meurtrier, et, sans exprimer la moindre douleur, pris des photos du crâne ouvert de Dead, tout en récupérant des morceaux d'os pour en faire des colliers. D'après les témoins, il aurait même récupéré de la cervelle, qu'il fit cuire et qu'il mangea.

Varg Vikernes, alias Comte Grishnackh, est l'instaurateur de la série d'incendies dans les églises en bois de Norvège, en particulier celle de Fantoft, bien qu'il l'ait toujours démenti. Il assassina Øysten Aarseth de trente-sept coups de couteau, plaidant la légitime défense.

Durant les années 90, le black metal, en particulier sous l'influence de Varg Vikernes, fut accusé responsable de près de cent églises brûlées, et d'une vague de suicides et de meurtres, jusqu'au complot terroriste politique, certains groupes se déclarant officiellement d'obédience nationale-socialiste.

Un style d'enregistrement (souvent volontairement) lo-fi (low-fidelity, opposé de hi-fi) et canisse est associé aux premiers albums de black metal. La forme rejoint ainsi le fond, car la musique elle-même est aussi noire et sale qu´une ancienne cave.

La majorité des groupes de black métal se compose d´un chanteur possédant une voix gutturale secondée souvent d'une voix "claire", d´un batteur, d´un guitariste et d´un bassiste. Les rythmes peuvent être aussi bien lents et lourds, que rapides et légers, accompagnant une musique qui n´exprime que très rarement l´espoir, mais plutôt la haine en général, la mélancolie, la nostalgie.

Les paroles de black metal tournaient à l'origine autour du satanisme, du blasphème contre le christianisme et autres thèmes occultes ainsi qu'à l'apologie de la mort, de la violence et de la guerre. Son idéologie principale s'assimilait au nihilisme nietzschéen, dont la philosophie s'avère pourtant dans le fond radicalement opposée (il s'agit de l'apologie de la vie). Toutefois, les thèmes abordés se sont considérablement élargis. Aujourd'hui il existe même une minorité de groupes de black metal chrétiens (appelé pour l'occasion White metal) comme Crimson Moonlight ou Antestor (Voir Unblack metal).

Le black metal a conservé sa forme primitive à travers l'influence de groupes norvégiens comme Darkthrone, Carpathian Forest, Burzum, Mayhem, Immortal et Emperor, qui ont souvent incorporé des éléments du style précédent à divers autres styles incluant le heavy metal traditionnel. En outre, Darkthrone parodie plusieurs vieux styles dans A Blaze In the Northern Sky, le premier album que le groupe considère comme étant du black metal véritable (true black metal).

Un trait distinctif de l'image des premiers groupes de black metal fut l'utilisation de corpse paint, un maquillage caractéristique. Initié par Alice Cooper puis repris par le groupe de hard rock Kiss, il consiste à se recouvrir le visage de couleurs blanches et noires. Néanmoins, alors que Kiss le faisait avec un peu d´humour, les groupes de black metal se servent de ces maquillages pour imiter la blancheur cadavérique qu'arborait les chevaliers teutoniques notamment, pour intimider leurs adversaires.